Compétition et Rémunération

Depuis mai dernier et la sortie de Mouton 2.0, nous essayons un maximum d’accompagner le film, rencontrer le public, débattre quel que soit l’évènement et son importance. Nous avons assisté à une centaine de projection en un peu moins d’un an. Nous considérons qu’accompagner un film est tout aussi important que de le réaliser.

Cependant nous sommes obligés quelques fois de mettre au clair le but de notre présence, nous l’avions fait par exemple au FIFE (Interroger l’environnement de demain ?) Nous avons dû le faire sur un autre point ce weekend aux Rencontres Cinéma Nature de Dompierre-sur-Bresbe :

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« Nous remercions tout d’abord l’ensemble des organisateurs de ces rencontres et le comité de sélection qui nous permet de diffuser une nouvelle fois ce film au public.

Cependant nous ne souhaitons pas participer aux différentes compétition du weekend.

Nous ne faisons pas des films pour jouer à « qui est le meilleur » et nous ne reconnaissons aucune légitimité à un jury ou même à un public pour remettre une somme d’argent qui viendrait symboliser une hiérarchie de « qualité » cinématographique qui sert bien plus à redorer un sponsor qu’à soutenir la création.

Nous sommes un bon nombre, un peu partout à faire des films qui n’ont pas de vie « économique ». On les bricole, comme on peut, bien loin de l’industrie cinématographique, souvent par choix d’ailleurs. Ils sont vus, on s’en flatte, on les partage, c’est notre carburant.

Dans notre cas les festivals ont été les principaux lieux de présentation et de rencontre avec le public. Mais il m’est impossible de ne pas pointer du doigt le fonctionnement compétitif qui rémunère les soi-disant meilleurs aux dépends des autres créations. En faisant un peu de calcul si on partageait les 5000 euros de récompense aux 17 films programmés, nous aurions tous 300 euros par création. C’est pas avec ça qu’on s’exilerait fiscalement mais au moins peut être on continuerait à faire des films. »

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Quelques précisions suite aux débats du weekend provoqués par notre texte:

Pour nous cette remise en cause ne dénigre en aucun cas le travail à l’année des dizaines de bénévoles, la preuve : notre présence sur place. Ce que nous critiquons au-delà de la compétition et des 5000 euros de prix, c’est ce choix organisationnel de ne pas rémunérer la diffusion des films projetés alors que le public paie 4€ par séance et de ne pas défrayer le transport des réalisateurs alors que cette succession de logos apparaît en bas de l’affiche en tant que sponsor…